Les fausses Ferrari de la Mafia.

Les fausses Ferrari de la Mafia.
La police italienne vient de lancer une opération coup de poing à Agrigente et à Palerme contre un gang, lié à la mafia sicilienne, spécialisé dans la fabrication et la vente de fausses Ferrari.

A Palerme, les bolides, construits avec des pièces d'occasion, étaient vendus 50.000 ¤. Depuis plusieurs mois, la mafia aurait ainsi écoulé des dizaines de voitures de luxe contrefaites portant l'emblème du cheval cabré ("cavallino rampante")... Bien que construites à partir de pièces disparates, ces Ferrari paraissaient plus vraies que les vraies, mais vendues à des prix défiant toute concurrence.

L'opération avait été logiquement baptisée "cavallino", l'emblème du petit cheval cabré qui hantent depuis des lustres les ventes des bolides rouges. En quelques heures, les carabiniers, les douaniers italiens et la brigade fiscale ont forcé la porte d'une petite dizaine de garages à Palerme, et ce sont ainsi 21 fausses Ferrari qui ont été immédiatement saisies.

Des copies fantastiques, des imitations quasiment parfaites, selon les enquêteurs. En fait, ces Ferrari Enzo ou Marranello ont été construites à partir de pièces les plus diverses. Un peu de Fiat par ci, un peu de Renault par là. Et des châssis américains de Pontiac. Belles, mais très dangereuses à vitesse élevée. Qu'importe, la Mafia avait trouvé avec ces contrefaçons une pompe à finance des plus lucratives. Pris de revient de la fausse Ferrari : 3000 euros. Revente : Pas moins de 50 000 euros. Une rutilante F360 était proposée à 100 000 euros, la moitié du prix du marché de l'occasion de luxe. Depuis deux ans, la Mafia sicilienne a ainsi écoulé chaque mois sur internet une douzaine de fausses Ferrari.

# Posté le dimanche 02 mars 2008 03:42

Palerme invente le premier magasin garanti anti-mafia.

Palerme invente le premier magasin garanti anti-mafia.
Tout a commencé par une invasion, sur les murs de la ville, d'autocollants bordés de noir qui disaient : "Un peuple qui se laisse racketer est un peuple sans dignité". Aujourd'hui, quatre ans après le début de cette
campagne originale et inventive contre la Mafia, vient de naître au c½ur de Palerme le premier "Punto pizzo-free", un magasin qui ne vend que des produits de commerçants ayant décidé de se rebeller publiquement contre le racket en adhérant au comité Addiopizzo (Adieu racket) à l'origine de ces autocollants.

Des jeunes effarés par les statistiques du tribunal de Palerme, selon lesquelles 80 % des commerçants payent les racketteurs, ont retroussé leurs manches et créé une association qui aide les chefs d'entreprise et les commerçants à se battre contre le chantage des mafieux. Afin que les habitants de la ville sachent où acheter sans alimenter les organisations criminelles, Addiopizzo a dressé et publié une "liste de consommation critique" contenant 241 noms de chefs d'entreprise et de commerçants qui refusent le racket. 30 de ces chefs d'entreprise et commerçants ont décidé de regrouper leurs produits "certifiés Addiopizzo" dans un "supermarché de la légalité" qui sera inauguré samedi 8 mars, au c½ur de Palerme, sur le cours Vittorio Emanuele.

La création de ce petit supermarché pizzo-free est le fruit de l'engagement d'un commerçant palermitain, Fabio Messina, 29 ans. Avec son bar à vins, il a décidé de faire un nouveau pas en avant et de donner un coup de main à ses collègues : "Je crois que le moment est venu de créer un mouvement économique parce qu'il est juste de donner plus de visibilité à ces commerçants qui refusent le racket. Et c'est plus facile pour les consommateurs : plus besoin de faire tout un circuit, ils peuvent acheter tout ce dont ils ont besoin en un seul point de vente". Le projet de Fabio Messina est ambitieux : "Faire de la marque Punto pizzo-free une franchise exportée dans toute l'Italie, et créer de nombreux points de vente". Dans la boutique, on trouve des objets en bois et en céramique créés par de jeunes artistes, des copolle, ces fameuses casquettes traditionelles siciliennes revisitées dans des tissus et des couleurs nouveaux, des objets artisanaux, et naturellement les produits bio des coopératives qui gèrent les terrains confisqués à la Mafia.

Si le choix d'installer ce premier magasin au c½ur du vieux Palerme est symbolique, c'est aussi un choix d'efficacité commerciale : la grande majorité des 9 000 acheteurs réguliers de produits pizzo-free font leurs courses dans le centre-ville. Forts des succès remportés pendant ces quatre années d'activité, le groupement des patrons antimafia lance son défi : combattre la criminalité par le bas, à partir des choix quotidiens, pour se débarrasser d'un système profondément enraciné. Selon eux, acheter dans certains magasins plutôt que d'autres fait partie de ces nouveaux comportements citoyens.

Belle initiative mais sera t'elle suffisante pour terrasser Cosa Nostra ? Le futur nous le dira.

# Posté le mercredi 05 mars 2008 12:13

Modifié le samedi 08 mars 2008 08:16

Insolite : un membre de la mafia sicilienne libéré pour cause d'obésité.

Insolite : un membre de la mafia sicilienne libéré pour cause d'obésité.
Un tribunal sicilien a décidé de libérer un homme accusé d'appartenir à la mafia au motif que son obésité était incompatible avec un séjour dans les cellules italiennes.

L'avocat du détenu, Me Raffaele Bonsignore, avait déposé une requête pour demander sa libération pour cause "d'obésité sévère, une pathologie incompatible avec la détention".

Salvatore Ferranti qui, à 36 ans, affiche 210 kg sur la balance, a été autorisé à regagner son domicile après avoir passé six mois dans quatre prisons successives de la Péninsule, a expliqué son avocat.

Les gardiens des deux premiers établissements pénitentiaires ont expliqué qu'ils devaient constamment aider le détenu à s'habiller, à se déshabiller, à se déplacer ou encore à aller aux toilettes. Les employés des autres prisons ont pour leur part déclaré qu'il n'y avait pas de lit suffisamment grand pour lui, qu'il lui était impossible de passer la porte des toilettes et qu'ils n'auraient pas su quoi faire s'il avait dû être transféré d'urgence à l'hôpital.

Salvatore Ferranti était accusé d'appartenir au clan mafieux que dirigeait Salvatore Lo Piccolo, "le parrain des parrains" avant son arrestation le 5 novembre 2007.
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# Posté le mercredi 12 mars 2008 14:12

Roberto Saviano : les politiques italiens doivent s'atteler à la lutte contre la mafia.

Roberto Saviano : les politiques italiens doivent s'atteler à la lutte contre la mafia.
Le journaliste et écrivain Roberto Saviano, auteur de l'explosive enquête "Gomorra" sur la mafia, intervient dans le débat électoral des législatives italiennes en dénonçant les silences des différents partis qui l'ont courtisé. Ainsi, il s'est exprimé assez durement, critiquant les partis politiques : "La lutte contre la mafia est la grande absente de cette campagne électorale, à gauche comme à droite. Il faut que la gauche reconnaisse qu'elle n'a pas toujours été très rigoureuse pour conjurer les affaires liées à la mafia (...). L'intelligence de la gauche a, depuis toujours, été de prétendre que la mafia concernait exclusivement le camp d'en face. Le complexe de supériorité appliqué au crime organisé ! Se croire exempte des infiltrations, penser que c'est seulement et toujours le problème des autres (...)".
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# Posté le jeudi 13 mars 2008 12:22

Modifié le jeudi 13 mars 2008 13:06

Des milliers de manifestants contre la mafia à Bari.

Des milliers de manifestants contre la mafia à Bari.
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Bari (sud de l'Italie, Pouilles) à l'occasion de la Journée de la mémoire pour les victimes de la mafia, au sein d'un cortège empreint d'émotions, les manifestants étaient en majorité des jeunes.

"Les mafias doivent sortir de nos vies" ou encore "ensemble pour nous souvenir et changer", proclamaient les banderoles qui ont ouvert la 13e édition de cette marche à laquelle ont participé "plus 100'000 personnes" selon les organisateurs.

Depuis la tribune ont été égrenés les noms de plusieurs centaines de victimes de la mafia. Le prêtre Don Ciotti, président de Libera, la principale association antimafia, et Nichi Vendola, président de la région des Pouilles, ont tous deux pleuré lors de leur intervention.

Les manifestants ont notamment rendu hommage au petit Giuseppe Di Matteo, garçonnet de 11 ans et fils d'un collaborateur de la justice qui fut enlevé par la mafia sicilienne. Celle-ci l'étrangla puis plongea son corps dans l'acide en 1996 au terme de 779 jours de captivité.
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# Posté le samedi 15 mars 2008 11:39

Modifié le samedi 15 mars 2008 12:01