En Sicile, elle a aussi été surnommée pendant longtemps "Società Onorata" ("Honorable Société"). Cette appellation venait du fait que la Cosa Nostra avait des règles d'honneur très strictes. Comme par exemple, l'interdiction de s'en prendre aux femmes et aux enfants, l'adultère, le proxénétisme et le trafic de drogue ayant été longtemps proscrits des « familles » siciliennes. Aujourd'hui, la plupart de ces principes ont été nettement délaissés pour faire face à la concurrence d'autres clans mafieux moins regardants sur les principes (mafia russe, albanaise, etc.). À ce jour, la Cosa Nostra refuse toujours de s'adonner aux enlèvements contre rançon. Elle est considérée par de nombreux spécialistes comme l'organisation criminelle la plus influente en Europe. Elle est également présente aux États-Unis et en Amérique latine.
Ce fut au cours des années troubles du XIXe siècle que les dirigeants italiens commencent à entendre parler pour la première fois de la mafia sicilienne. Sans avoir d'idées très claires sur la question, les premiers à avoir étudié le phénomène mafieux ont supposé qu'il s'agissait d'une tradition archaïque remontant au Moyen Âge, et conservée à cause de mauvaises administrations étrangères s'étant succédé dans l'île et l'ayant maintenue dans une situation arriérée. En réalité les origines de Cosa Nostra sont loin d'être aussi anciennes. La mafia serait contemporaine de la nouvelle nation italienne. La genèse de la mafia n'implique pas une seule, mais plusieurs histoires enchevêtrées. On l'estime dans la période turbulente des années 1860 à 1876 avec un court retour en arrière dans le demi-siècle qui les a précédées.
Cosa Nostra compte environ 1 700 "familles" (une centaine dans la province de Palerme - année 2002) de taille et de virulence diverses. On estime que le nombre de personnes affiliées (chefs, soldats, initiés, loyaux du clan, etc.) est de 50 000 individus sur l'ensemble du territoire de la Sicile. Le chiffre d'affaires des organisations mafieuses italiennes s'élevait à 90 milliards d'euros, hors trafic de drogue. Principales sources de revenus : le prêt usuraire (30 milliards d'euros de recettes, 150 000 entreprises victimes), le racket (10 milliards), les contrefaçons (7,4 milliards), le vol (7 milliards), l'escroquerie (4,6 milliards).
Chaque famille de Cosa Nostra est organisée de façon pyramidale. Cette structure hiérarchique comporte un sommet et un épicentre basé à Palerme. C'est là que siège l'organe de direction dénommé "coupole" ou "commission". Il faut garder à l'esprit que l'architecture mafieuse est évolutive selon les opportunités économiques, financières et du niveau de répression. Un chef de la "coupole" tel que Toto Riina avait des conceptions dictatoriales, centralisée et terroriste de l'organisation. Alors que son successeur Bernardo Provenzano avait une conception discrète, plus consensuelle, décentralisée, quasi-féodale.
La Cosa Nostra est scrupuleuse lors de l'initiation d'un futur membre au sein de leur "famille". Dès l'âge de raison, et souvent de père en fils, le jeune est imprégné des "valeurs mafieuses". Le jeune est observé, jaugé longuement par les anciens, puis prudemment abordé par des sous-entendus, des demi-silences ou allusions. Si tout est positif, le candidat est invité à adhérer à Cosa Nostra. Cette introduction est à sens unique et on ne sort de l'honorable société que mort ou exclu. Ce qui en pareil cas équivaut pratiquement au même. La première épreuve après l'initiation est souvent un meurtre désigné par la Coupole en signe de soumission et d'obéissance à l'organisation. Toutefois, les entrepreneurs, les fonctionnaires, les membres de professions libérales et les ecclésiastiques sont dispensés d'assassinat.
En Sicile, Cosa Nostra est présente dans les champs d'activité suivants : trafic de narcotiques; interventions illicites dans les adjudications des travaux publics et des constructions; racket et extorsion de fonds auprès des commerçants ou des entreprises; usure; escroqueries sur les marchés du vin, de la pêche, des agrumes et des oléagineux, à travers les aides communautaires par exemple; trafic de carte bancaire...